Prédiction de la revictimisation et de la récidive en violence conjugale
Selon Ouellet et al. (2017), dans les cas de violence domestique, l’étude individuelle d’un incident, hors de son contexte, présente de sérieuses limites, car "cette stratégie analytique minimise la nature cyclique et répétitive de ce type de violence. Contrairement à d’autres victimisations criminelles", le risque de revictimisation est significativement plus élevé lorsque la violence se produit dans la sphère domestique (p. 312).
Selon Ouellet et al. (2017), "la perspective féministe définit la violence conjugale comme l’abus de pouvoir par un conjoint ou un ex-conjoint masculin, entraînant une perte de dignité, de contrôle et de sécurité ainsi qu’un sentiment d’impuissance vécue par la femme qui en est la victime directe" (p. 312).
Les théories féministes sur la violence conjugale suggèrent que la domination masculine sur les femmes contribue à sa prévalence plus élevée (Ouellet et al., 2017, p. 313). Les femmes déclarent être plus fréquemment victimes de « terrorisme intime » (Ouellet et al., 2017, p. 313).
En revanche, selon Ouellet et al. (2017), "la perspective de la violence familiale appréhende la violence conjugale comme une dynamique conflictuelle ancrée dans les contraintes de la vie quotidienne de la famille, susceptible ou non de dégénérer en violence. La violence conjugale est définie comme une tactique légitime utilisée par l’un des partenaires, masculin ou féminin, pour résoudre les conflits interpersonnels, intrafamiliaux et généraux. La violence est définie comme un acte commis dans l’intention première de causer de la douleur ou un préjudice physique à autrui. "Cette perspective soutient que la violence conjugale est bidirectionnelle et mutuelle," et qu'elle est perpétrée avec la meme frequence par les hommes et les femmes” (Ouellet et al., 2017 pg. 314).
Selon Ouellet et al.,. (2017) le cycle se répète au fil du temps, et la gravité des comportements violents tend à augmenter avec la répétition des violences (Ouellet et al., 2017, p. 315).
Ouellet et al.,. (2017) ont cherché à mieux comprendre les facteurs prédictifs de la revictimisation et de la récidive, et plus précisément, à comparer les dynamiques des risques liés à ces deux types d’évènements. Ils croient que les résultats de cette étude peuvent orienter ou appuyer les décisions des policières lors d'interventions dans des situations de violence conjugale (Ouellet et al., 2017 p. 317).
Méthodes
Ouellet et al. (2017) utilisent des modèles de régression logistique pour tenter de prédire la probabilité d’occurrence d’un évènement, c'est-à-dire la probabilité qu’il se produise ou non (en cas de répétition de la violence domestique), en fonction d'autres paramètres (les caractéristiques de l’incident, de la victime et de l’agresseur) (Ouellet et al., 2017, p. 325).
Résultats
Selon Ouellet et al. (2017), "lorsque l’agresseur est un homme et la victime une femme", la probabilité de récidive est plus élevée. Ces résultats corroborent la perspective féministe selon laquelle les hommes sont majoritairement les auteurs de violence conjugale; "dans 85 % des cas les policiers" ont été confrontés à une situation où l'auteur des violences était un homme (Ouellet et al., 2017 p. 330).
Reference
Ouellet 1, F., Blondin, O., Leclerc, C., & Boivin, R. (2017). Prédiction de la revictimisation et de la récidive en violence conjugale. Criminologie, 50(1), 311-337.
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