Je vais garder, maintenir, mon accent americain!
Je me suis endormi avec ma femme. Elle reposait là, restait tranquillement, telle un cerf dans le champ de couvertures. Un cerf qui dégageait de la chaleur, qui rayonnait de chaleur.
Puis, je me suis réveillé tard. J'y ai pensé parce que les autres employés de bureau arrivent en retard tous les jours; peut-être que j'arrive moi aussi un peu en retard parfois. Mais ce jour-là mon patron est arrivé avant moi et m'a rattrapé. Mon patron m'a dit:
-Si tu comptes partir tôt, tu dois arriver tôt.
C'est une affirmation vraie.
En conduisant, je repensais à l'homme que j'avais rencontré au bar. Cet homme m'a dit que son français était meilleur que le mien. Je n'avais aucun désaccord. Son français est meilleur que le mien, mais il n'aurait pas dû dire ça. Si vous savez que vous avez plus de compétences que quelqu'un d'autre, vous n'êtes pas obligé de le dire. Ou si vous savez que vous possédez une compétence supérieure à celle de quelqu'un d'autre, il est inutile de la dire. Je pourrais dire que j'ai plus de muscles que toi et que j'ai beaucoup plus de titres, de diplômes que toi. De plus, il a corrigé ma prononciation. Ce matin, je me disais que je n'avais pas besoin d'une prononciation parfaite, car si je vais en France, les hommes pourraient me traiter comme ils traitent les Africains. Le racisme est une réalité, mais pourquoi le provoquer? Je me suis souvenue d'une Américaine qui parle français. Elle a dit qu'il valait mieux avoir un accent américain. Je suis d'accord avec elle. Je pense aussi qu'il vaut mieux ne pas avoir une bonne prononciation. Je tiens à ce que vous sachiez que je suis américain. Alors c'est mieux, car ma prononciation n'est pas parfaite.
Dans un article (je n'aime pas le New York Times, mais cette histoire est utile) de Spencer P. Boyer, lorsque Boyer (2005) était un jeune homme noir en France, des policiers dans des voitures banalisées sont sortis des voitures et lui ont demandé ses papiers. Lorsqu'il a commencé à parler, les policiers ont compris qu'il était américain et lui ont dit:
- Passez une bonne journée.
Et ils sont partis.
Dans un autre article, Berteaux (2017) a raconté l'histoire d'un Afro-Américain en Algérie qui a été arrêté par la police parce qu'il a essayé d'aider une femme. On aurait dit que l'homme agressait une femme. Il semblait qu'il le faisait. L'homme afro-américain a essayé, a tenté, d'aider la femme. Il y a eu une altercation, puis la police est arrivée. Au poste de police, l'Americain apprit, a appris, que l'homme Alegerie tentait de recuperer son argent aupres de la femme. Lorsque les policiers posent les questions, ils sont adressés à l’Américain en utilisant le "vous" formel et à l’Algérien en utilisant le "tu" informel. L'homme afro-américain a reçu plus de respect que l'Algérien de souche. La France tenait de dissimuler son racisme à sa population colonisée en traitant les Afro-Américains mieux qu'aux États-Unis.
Je vais garder, maintenir, mon accent américain!
Berteaux, J. 2017. Black France, Black America: Engaging Historical Narratives. Cosmopolitan Civil Societies: An Interdisciplinary Journal. 9(2), 57-71. http:// dx.doi.org/10.5130/ccs.v9i2.5474
France's rift: culture, not color:
https://www.nytimes.com/2005/12/12/opinion/frances-rift-culture-not-color.html#:~:text=I%20was%20stunned.,was%20made%20to%20feel%20special.
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